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La véritable industrie Outdoor doit être reconnue comme un secteur marqué d’une grande intégrité et déterminé à garder ses valeurs essentielles.

Friedrichshafen – Un entretien avec David Udberg sur le statu quo et les perspectives d’avenir du secteur Outdoor à l’occasion du 17ème salon OutDoor (du 15 au 18 juillet 2010) à Friedrichshafen. David Udberg est le président de l’association professionnelle européenne European Outdoor Group (EOG) et PDG du fabricant Lowe Alpine UK.

F: Vous avez été élu récemment président de l’European Outdoor Group (EOG). Quelles sont vos estimations pour les perspectives d’avenir de l’EOG ?
David Udberg: Depuis sa création en 2003, l’EOG a joué un rôle décisif dans le regroupement d’une industrie européenne Outdoor aux formes multiples. C’est une belle performance quand on considère la multitude des nationalités, des cultures et des types d’entreprises qui constituent notre branche et aussi le fait que l’EOG a, par comparaison, si peu de membres. Nous avons toujours eu pour but d’agir dans l’intérêt de tout le secteur et de le faire progresser grâce à notre agenda et notre programme. C’est pour moi un honneur que d’avoir été invité à prendre la direction du groupe, surtout parce que cela signifie que je prends la succession de Rolf Schmid le fondateur de l’EOG. Afin de pouvoir passer à l’étape suivante de l’EOG, nous devons faire en sorte que le travail que nous avons fourni jusqu’à présent continue de porter ses fruits et aussi que nous nous réjouissions à l’idée des défis qui nous attendent. Notre plan stratégique contient différents domaines.
Parmi nos objectifs actuels, il est nécessaire …
• d’encourager activement la participation aux activités Outdoor ainsi que la protection de l’environnement où se déroulent ces activités ;
• de guider la participation du secteur aux deux salons professionnels européens ;
• de devenir le porte-parole des industries Outdoor, de mettre en place pour cela une interface qui fasse la jonction entre la profession, les consommateurs, les médias et le gouvernement, et – si nécessaire – d’effectuer dans l’intérêt de la branche un travail de lobby ;
• d’encourager la mise en réseau parmi les membres de l’EOG.
Parmi nos objectifs pour les trois à cinq prochaines années, il est nécessaire …
• de conforter notre position comme porte-parole de l’industrie européenne Outdoor ;
• de fournir de vraies solutions pour la branche dans le domaine de la durabilité ;
• de favoriser des méthodes qui puissent être recommandées dans le domaine de la responsabilité sociale des entreprises (RSE) pour l’industrie Outdoor ;
• de développer et d’entretenir des relations constructives de travail avec d’autres associations professionnelles spécialisées, y compris des associations nationales ;
• de trouver une solution en ce qui concerne les besoins du secteur Outdoor quant à une analyse du marché, précise et de grande envergure ;
• de garantir, en coopération avec nos partenaires du salon professionnel, un avenir à long terme pour les salons professionnels européens et ainsi les valoriser pour les exposants et les visiteurs ;
• de développer pour le secteur, en étroite collaboration avec la Outdoor Industry Association (OIA) aux USA, une plate-forme de communication à l’échelle mondiale ;
• de travailler avec les normes DIN EN pour développer nous-mêmes des normes, le cas échéant.
Afin de pouvoir atteindre ces objectifs ambitieux, nous avons restructuré le comité directeur. Jean-Marc Pambet de Solomon et Eddy Codega de CAMP vont présenter de nouvelles perspectives. En même temps, nous avons la chance de pouvoir compter sur les connaissances et l’expérience de Rolf Schmid et de Claes Broqvist, qui ont été respectivement président et vice-président de l’EOG. Enfin et surtout, nous allons pouvoir tirer un énorme profit des réflexions de notre nouveau vice-président Bernd Kullmann von Deuter.
En résumé, on peut dire que l’EOG a eu, en peu de temps, de bons résultats, toutefois nous ne devons pas en rester là. Nous avons des projets ambitieux pour l’avenir et nous disposons d’une équipe forte qui peut les réaliser dans l’intérêt de nos membres et de toute la branche.

F: Vous pouvez jeter un regard rétrospectif sur une activité de longue date pour la branche britannique Outdoor. Est-ce que c’est selon vous un avantage pour votre travail sur le plan international ?
David Udberg: Je n’y vois là ni avantage ni inconvénient. Il est vrai que je peux regarder en arrière, sur 25 ans d’expérience au Royaume-Uni dans le secteur, pourtant à cette époque je travaillais fréquemment dans un contexte international ; j’ai travaillé pendant 10 ans presque exclusivement sur les marchés internationaux. Le Royaume-Uni est souvent considéré comme un marché à part, d’une certaine manière isolé du continent européen, et oui, je l’avoue, notre climat et notre géographie sont différents de la plupart des pays du continent européen. Cependant, la branche Outdoor britannique est encore assez petite et - s’agissant de l’utilisation des produits Outdoor - moins importante. Les activités Outdoor très appréciées sur l’île britannique, comme par exemple l’escalade, la randonnée et le trekking, se ressemblent assez partout en Europe. Le comité directeur de l’EOG a été structuré de sorte que soient représentés un maximum de pays européens, un maximum de marques Outdoor et le plus d’expériences possibles ; notre comité directeur dispose ainsi d’un large éventail de connaissances.

F: La durabilité est un défi majeur pour l’industrie Outdoor, sa relation avec l’environnement étant naturellement plus étroite que dans la plupart des autres secteurs. Comment l’industrie Outdoor peut-elle prendre une position de leader dans ce domaine?
David Udberg: Il est vrai que l’industrie Outdoor est étroitement liée à la nature, et notre vision pour l’industrie Outdoor est de prendre le rôle de pionnier pour ce qui est des méthodes pouvant être recommandées dans le domaine de la durabilité. Un grand nombre d’initiatives ont été prises par quelques fabricants, mais afin que nous puissions donner des règles standard dans ce domaine et communiquer les performances fournies jusqu’à présent, nous devons travailler ensemble et échanger nos expériences sur les méthodes que l’on peut imiter. C’est justement pour cette raison que l’EOG a encouragé et financé le groupe de travail sur la durabilité. Cette commission qui concerne toutes les branches peut faire état de grands progrès, car elle a réussi à mettre en place une série de normes pour évaluer nos progrès de même que des outils pratiques qui vont nous aider à atteindre notre but. Cet été, nous allons, avec l’association américaine Outdoor Industry Association, notre partenaire dans ce domaine, lancer la première série de tests de l’outil Web « Eco Index ». Cet outil sera mis à la disposition de chaque entreprise qui désire se pencher sérieusement sur ce thème. Car l’industrie Outdoor doit, en ce qui concerne les méthodes que l’on peut imiter dans le domaine de la durabilité, prendre le rôle de pionnier. Nous prenons ce sujet très au sérieux.

F: Lors de la conférence Innov-Ex à Lancaster, Toray/ Uniqlo montrait il y a quelque temps, dans le cadre d’une présentation, comment l’industrie Fast Fashion reprend le principe de la fonctionnalité et le transforme en polaire. L’entreprise indiquait avoir vendu pendant deux ans 35 millions de vestes en laine polaire. Du point de vue de la branche Outdoor, cela peut faire peur. Comment le commerce Outdoor peut-il exister en face des chaînes Fast Fashion qui ont découvert le thème de la fonctionnalité en soi ?
David Udberg: Il est sans cesse question, depuis des années, que l’intérêt porté au thème Outdoor par le secteur de la mode pourrait devenir une menace pour notre branche. Il est vrai que le « look Outdoor » est vraiment bien accueilli sur le grand marché de l’habillement. Pourtant, l’offre du secteur de la mode est loin des produits très spécialisés et de haute performance qui font l’essentiel du marché, et, pour tout vous dire, je suis de l’avis que cet intérêt prononcé pour le look Outdoor aboutit tout simplement à une croissance de l’ensemble du marché, ce qui nous profite à tous.

F: En général, les activités Outdoor semblent être à la mode, et l’avenir du secteur Outdoor est jugé de manière très positive. Cela attire naturellement les « profiteurs », p.ex. les discounters, les chaînes Fast Fashion et tous ceux qui veulent prendre ce qu’il y a de meilleur, sans cependant se sentir tenus de poursuivre le but de la durabilité ou d’autres buts relatifs au commerce Outdoor. Comment l’industrie Outdoor peut-elle garder intacte l’image Outdoor ?
David Udberg: Ceci est un point intéressant. À mon avis, nous devrions continuer plus que jamais à faire ce que nous faisons déjà, mais de manière plus efficace, plus convaincante et en nous impliquant davantage. La véritable industrie Outdoor doit être reconnue comme un secteur marqué d’une grande intégrité et déterminé à garder ses valeurs essentielles. J’espère que nous pourrons ainsi continuer à nous distinguer des profiteurs dont vous venez de parler.

F: Quelle est l’importance d’un salon professionnel Outdoor indépendant pour l’avenir du commerce Outdoor ?
David Udberg: Les salons professionnels font avancer le commerce. Mais, ceci dit, l’industrie Outdoor est aussi une communauté d’hommes et de femmes sur le plan national, international et global. Les communautés ont besoin de l’interaction. Si leurs membres n’ont pas l’occasion de se connaître personnellement, de communiquer, d’avoir des échanges et de faire du commerce, cela entraîne un affaiblissement de la branche. Les expositions spécialisées offrent une plate-forme d’une valeur inestimable pour favoriser la communication entre les personnes et l’interaction, et ainsi encourager et renforcer l’esprit communautaire.

F: Le salon OutDoor à Friedrichshafen est le salon phare en Europe pour un marché en croissance. Qu’est-ce qui fait la particularité du salon OutDoor ?
David Udberg: C’est un fait que le salon OutDoor est le salon phare à l’échelle mondiale, et nous avons toutes les raisons d’en être fiers. Nous ne devons cependant pas oublier que notre communauté doit être représentée également dans les salons professionnels qui montrent un large éventail d’articles pour le sport, c’est aussi la raison pour laquelle nous entretenons un rapport régulier avec l’ispo pour la saison d’hiver. La réunion des produits représentés dans ces deux salons est différente en raison du thème central de l’hiver qui se trouve exactement à l’opposé de celui de l’été, pourtant les deux salons sont très importants pour l’EOG. À Friedrichshafen, nous avons la chance de pouvoir travailler avec une très bonne équipe qui a reconnu l’importance de l’EOG et contribué, avec nous, à créer une véritable expérience Outdoor !

Vous trouverez d’autres informations sur www.europeanoutdoorgroup.com et www.outdoor-show.com.

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